
Gelsenkirchen est une ville située au nord ouest de l'Allemagne à quelques kilomètres de Cologne. C'est un ville de la Ruhr, pas très très jolie, mais bon.
L'aller se passe sans problème, j'arrive à l'hôtel et croise quelques fans allemands. Le temps de me changer et direction l'amphithéâtre, situé en banlieue de la ville, au bord d'un canal. Le temps est exécrable, il pleut, et en faisant la queue, il y a même du tonnerre. Je retrouve Lia Eastwood, cartooneuse en chef, et nous pouvons assister au sound check. On entend Rhythm of the Heat, qui soulève des ahhh et des oooh de satisfaction, big time plusieurs fois, on the air et quelques autres.
Lorsque les portes s'ouvrent un véritable déluge s'abat, on court comme on peut, et on se met à l'abri sous le toit de la scène qui couvre environ un tiers de la fosse. Je ne suis pas au premier rang dommage, mais ce n'est pas grave.
Dans les amplis, Passsion. ça aide à patienter. Puis Peter Gabriel monte sur scène, ovationné comme il faut, il remercie, s'arrête sur quelques visages, pour annoncer la première partie, Charlie Winston et les oxymorons. Un groupe assez spécial, folk/pop, qui visiblement a des problèmes techniques car ils jouent faux :(. Bref, six morceaux dont un ou deux sympas, puis ils s'en vont.
Puis au bout d'un long moment, Richard Evans monte sur scène, s'installe complètement à droite suivi par les autres.
Et : ohoohhhoooh oohoohhhhhhhhhhh
c'est parti pour the rhythm of the heat. Enorme, le public hurle "the rhythm has my sououououl", et un final hallucinant de Ged Lynch à la batterie, suivi par les autres musiciens qui tapent sur des bâtons en rhythme.. ou presque !
Enchaînement rapide sur un album de PGII, On the Air, hallucinant lui aussi, ça danse dans la fosse, ça chante, le groupe déroule, on dirait pas que c'est leur premier concert !
Intruder : on se rend vite compte que Ged Lynch est dans son élément sur ces titres, où sa puissance lourde fait merveille. Peter quitte ses claviers, mime la chanson, hésite sur certains textes... heureusement les prompteurs dispersés ça et là sur le bord de la scène lui viennent en aide.
DIY : je me rends compte que les allemands sont des connaisseurs, ils connaissent les textes, voire les chantent un peu trop fort... Belle version.
I have the touch : je n'aimais pas trop cette chanson de PGIV, et là, on ne peux pas s'empêcher de danser et de chanter, PG l'a modernisée pour en faire un truc presque funk.
La pluie s'abat à nouveau, ce qui permet à PG de blaguer sur la chanson suivante, Washing of the Water. Magnifique, les larmes viennent.
Blood of Eden: Melanie Gabriel et la nouvelle joueuse de claviers, Angela Pollock, reprennent les choeurs de SInead O'Connor. Le résultat est magnifique, beau moment là aussi.
We do what we're told : ce titre inédit de So passe la scène moyennement, même si la version est belle, et le public chante. Elle sera supprimée lors du concert du lendemain.
I don't remember : on repart sur les chapeaux de roues, Lynch est une nouvelle fois excellent, belle version.
No self control: encore un titre plutôt ancien. Richard Evans joue une très jolie partition au xylophone, une magnifique réussite ! Le break de Lynch est plutôt bon, d'accord ce n'est pas celui de Manu Katché mais il était excellent quand même.
Puis Peter annonce un titre du premier album, et quand il dit Moribund der Burgermeister, j'ai du mal à y croire. Mais d'où sort-il cela ? C'est très bien, j'adore, le I will find out passé au "vocoder" ?...
Family Snapshot: j'attendais beaucoup cette chanson. Malheureusement, la barrière de la langue m'est pénible puisqu'il la chante en allemand. En ayant discuté avec les fans allemands, eux mêmes préfèrent la version anglaise... Dommage ! vivement que je l'entende en VO ;-).
Not one of us: encore une chanson en allemand, enfin moitié moitié. Du bist nicht mit wir, au bout d'un moment, moi aussi je la chantais; gros succès public, le final de Lynch génial à nouveau, un peu trop court à mon avis.
Mother of violence: un titre assez peu connu. Quelle n'est pas ma surprise de voir Peter laisser le micro à sa fille. Le début est hésitant, puis le final sublime, avec la reprise d'Angela Pollock. Beaucoup d'émotions pour cette chanson dont les textes ont été écrits par... Jill Gabriel.
I grieve : cette chanson sera la seule de uP, bien que signal to noise aurait dû être jouée.. dommage ! mais I grieve, je l'attendais pour la première fois ce soir là, et elle m'a bouleversée, vocalement elle est très dure, et d'après un fan, la dernière phrase de cette chanson "and Now I can find relief" prendra tout son sens, tellement sa voix a souffert. Que c'était beau.
BBbbbbbig time : ah que j'ai détesté cette chanson à l'époque. Mais là nouveaux arrangements, PG qui vient mimer la chanson devant la scène, se trompe un peu.... bref, un moment sympathique qui nous donne envie de danser.
Steam ; encore une chanson avec laquelle j'avais du mal. Dommage il n'a pas fait de version "quiet", mais celle ci est pas mal, même si PG se trompe beaucoup dans les textes, inverse, bref... pas mal quand même.
Peter présente ses musiciens, qui sont tous au taquet... quel magnifique groupe...
Lay your hands on me: vient une autre surprise. Quelle version de lay your hands, le public hurle, lève les mains pour accueillir Peter, mais non... sniff... mais que c'était beau... quel final.
Rappel. Le public chante "lay your hands on me"...
Et c'est Solsburry hill, version classique rien de neuf sous le soleil. mais rien à faire, comme pour les suivants, on se surprend à faire les bom bom bom, à rire quand PG embarque Rhodes et Levin dans un tour de piste. ça marche à tous les coups.
Deuxième rappel : Sledge, sans l'introduction batterie, on a l'impression qu'il se débarasse d'un truc. le pas de trois, un peu rouillé, pas de veste à lumières.
Puis in your eyes, Peter se lance dans une gabrielese un peu difficile pour pallier l'absence de Youssou et de seconde voix.
Fin du concert. Ouff. Je partage un taxi pour rentrer au plus vite et dormir. J'en ai besoin pour le lendemain.
Les musiciens:
Melanie Gabriel: en plus des choeurs, et de mother of violence, elle joue quelques percussions et du xylophone. Sa prestation sur mother reste un très beau moment.
Richard Evans: le touche à tout, qui se prend pour une rock star. Multi-instrumentiste, au jeu fin, il est très bon je trouve.
David Rhodes: prend visiblement beaucoup de plaisir à rejouer ses anciens titres, se lance dans des solos super (même si son boss l'oublie parfois, sur Intruder il me semble ou not one of us). Très bon.
Ged Lynch: son jeu lourd et puissant fait merveille sur cette tournée, il sert véritablement de moteur au groupe.
Angela Pollock : elle a une très jolie voix. Son jeu au clavier me paraît moderne, elle supplée efficacement Peter. Son premier solo sur in your eyes était moyen, son deuxième sera bien meilleur.
Tony Levin : rien à dire, c'est le King, le meilleur. Incroyable au stick, et sa nouvelle basse aux cordes plus épaisses fait vraiment... vibrer l'auditoire lol.
Bref, très beau concert, du bonheur de retrouver tous ces titres...